Comprendre les données DVF : ce que contient (vraiment) le fichier des ventes
Le mode d’emploi des Demandes de Valeurs Foncières : champs disponibles, angles morts et bonnes pratiques de lecture.
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Qu'est-ce que la base DVF ?
La base DVF (Demandes de Valeurs Foncières) est le jeu de données public le plus utile dont dispose un marchand de biens. Publiée et tenue à jour par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), elle recense l'ensemble des mutations immobilières à titre onéreux enregistrées par les services de publicité foncière au cours des cinq dernières années. Concrètement : chaque fois qu'un bien change de propriétaire par une vente classique, la transaction finit, quelques mois plus tard, dans la DVF.
C'est une donnée gratuite, ouverte et réutilisable. Elle ne provient ni d'estimations d'agences, ni de prix affichés dans les annonces : ce sont des prix d'actes réellement signés. Pour qui sait la lire, c'est la matière première d'une estimation sérieuse — à condition d'en connaître les limites.
Ce que contient une ligne DVF
Chaque mutation est décrite par un ensemble de champs structurés. Les plus exploitables au quotidien sont :
- La date de mutation — la date de signature de l'acte. C'est elle qui permet de raisonner par millésime et de mesurer une évolution dans le temps.
- La valeur foncière — le montant inscrit dans l'acte, en euros. C'est le prix, mais pas forcément la valeur du seul bâti (voir plus bas).
- L'adresse — numéro, voie, code postal, commune et code INSEE. Le code INSEE est l'identifiant fiable de la commune (les noms changent, fusionnent ; le code, beaucoup moins).
- Le type de bien — maison, appartement, dépendance, local industriel/commercial, ou terrain.
- La surface réelle bâtie et le nombre de pièces principales.
- La surface du terrain (la contenance cadastrale) et la référence de parcelle.
À partir de ces champs, on reconstitue le fameux prix au m² : valeur foncière divisée par la surface bâtie. C'est précisément ce que MDB Explorer agrège, commune par commune, pour produire des médianes lisibles.
Ce que la DVF ne contient pas (et c'est crucial)
La DVF est puissante mais incomplète par construction. Un marchand de biens averti garde en tête ses angles morts :
- Le prix n'est pas une valeur nette. La valeur foncière est le prix de l'acte. Elle n'intègre pas les frais de notaire, les commissions d'agence, ni les travaux nécessaires. Inversement, elle peut inclure du mobilier ou plusieurs lots vendus ensemble, ce qui gonfle artificiellement le montant.
- Certaines zones manquent. L'Alsace-Moselle (Bas-Rhin, Haut-Rhin, Moselle) relève du Livre foncier et n'est pas couverte par la DVF nationale ; Mayotte est également absente.
- Les ventes de parts de société ne figurent pas. Vendre une SCI qui détient un immeuble n'apparaît pas comme une mutation immobilière. Dans certains marchés patrimoniaux, une partie des transactions échappe donc au radar.
- Les biens hors marché classique sont sous-représentés. Ventes entre proches à prix « arrangé », adjudications, viagers, ou VEFA non encore publiées : autant de cas qui brouillent une lecture naïve.
- Il y a un décalage temporel. Une vente signée met plusieurs mois à être publiée. Les millésimes les plus récents sont donc partiels : ne tirez pas de conclusion hâtive sur le dernier semestre.
Comment lire la DVF sans se tromper
La bonne lecture n'est jamais « le prix d'une vente », mais la distribution d'un ensemble de ventes comparables. Quelques réflexes :
- Filtrez par type de bien. Mélanger maisons et appartements dans un même prix au m² n'a aucun sens : leurs marchés ont des logiques différentes.
- Privilégiez la médiane à la moyenne. Une seule vente exceptionnelle (hôtel particulier, immeuble entier) déforme la moyenne. La médiane résiste à ces valeurs extrêmes.
- Nettoyez les aberrations. Un appartement à 200 €/m² ou à 25 000 €/m² cache presque toujours une vente atypique (lots groupés, indivision, erreur de surface). On les écarte.
- Raisonnez par périmètre cohérent. Le prix au m² « de la commune » masque parfois de fortes disparités de quartier. Plus le bien est valorisé, plus la microlocalisation compte.
- Datez vos comparables. Une vente de 2021 n'a pas la même portée qu'une vente de cette année. Repondérez selon l'ancienneté.
L'utiliser pour estimer
L'intérêt opérationnel de la DVF, pour un marchand de biens, tient en une phrase : borner le prix de sortie avec des faits, pas avec des espérances. Avant même de visiter, vous savez sur quelle fourchette de prix au m² se négocie réellement un bien comparable dans le secteur. C'est le point de départ d'un calcul de marge crédible.
Sur MDB Explorer, chaque page commune synthétise ces données : prix au m² médian global, par maison et par appartement, nombre de ventes analysées et évolution annuelle. Vous pouvez par exemple comparer le marché de Toulouse, de Colomiers et de Blagnac en quelques secondes, puis explorer le détail des ventes dans l'outil DVF pour descendre au niveau de la rue.
La DVF ne remplace pas le terrain ni le diagnostic d'un bien précis. Mais utilisée avec méthode, elle transforme une intuition en estimation défendable — et c'est exactement ce dont on a besoin avant de signer une offre.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
La DVF (Demandes de Valeurs Foncières) est une base publique et gratuite, publiée par la DGFiP, qui recense les ventes immobilières enregistrées par les services de publicité foncière sur les cinq dernières années, avec le prix, la date, l’adresse et les caractéristiques principales du bien.
Non. La DVF exclut notamment l’Alsace-Moselle et Mayotte, les ventes sous régime particulier (certaines VEFA, ventes de gré à gré non publiées) et ne couvre pas les transactions de parts de SCI. Le prix indiqué est le prix de l’acte, pas une valeur nette de frais.
Le prix DVF est le montant inscrit dans l’acte de vente. Il n’intègre ni les frais de notaire, ni les commissions d’agence, ni les travaux à prévoir, et peut inclure du mobilier ou plusieurs lots. Il faut donc le retraiter avant d’en tirer un prix au m² fiable.
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